|
|
|
|  | | | | | | | | | | | | | Jean Ferrat : l'émotion | | | La grande voix s’est tue. Ca fait longtemps que Ferrat ne chantait plus, ou presque, mais l’idée qu’il ne chantera plus est dure à accepter. | | | Ferrat, c’est un pan entier de la chanson. Bien sûr on connaît et on estime ses engagements politiques et sociaux et leur reflet dans ses chansons, ce besoin incompressible de chanter le monde avec la rage de le changer, le devoir d’y contribuer. Ce n’était pas la moindre des vertus de Ferrat. Mais pas la seule: on se souviendra longtemps des chansons d’amour magnifiques, notamment celles faites des poèmes d’Aragon. Ferrat le passeur a fait entrer dans les domiciles les plus modestes d’extraordinaires textes, de la beauté et de l’émotion (un peu comme dans leurs domaines l’ont fait Picasso ou les Beatles : rendre familières des choses complexes). Comme on se souviendra des chansons drôles, gorgées d’humour et de cette humanité simple dont Ferrat était le chantre. Comme on retiendra ces mélodies imposantes, superbement arrangées, servies par une voix chaude aux accents sincères.
A Zebrock nous aimions Ferrat, comme on aime une conscience. Cette année encore une de ses chansons et pas la moindre - Nuit et Brouillard - est au programme de Zebrock au bahut. Nous avions à plusieurs reprises eu l’honneur et le plaisir de mettre ses chansons dans les oreilles des collégiens : "Ma môme", "Nuit et Brouillard", "La Commune"…
A la faveur d’un de ses rares déplacements sur Paris, Jean Ferrat avait bien volontiers répondu à notre invitation à venir rencontrer des collégiens qui étudiaient "Ma France". C’était à Drancy, en 2004, collège Paul Bert : plus de deux heures d’une rencontre exemplaire de tenue et de profondeur. Il était ravi de venir à la rencontre de ce jeune public, le collège était honoré de l’accueillir. Nous étions fiers de tout cela, fiers de Zebrock au bahut.
Cette journée avec Ferrat, comme celles que nous eûmes la chance de passer avec d’autres artistes (Aznavour, Souchon, Kent, Camille, Jeanne Cherhal…) n’est pas pour rien dans notre détermination à continuer de faire vivre Zebrock au bahut, à nous engager pour transmettre des patrimoines musicaux, quand bien même la branchitude du moment nous inviterait à y renoncer.
Nous n’avons pas fini de vous mettre au programme de Zebrock au bahut, Monsieur Ferrat « pour que les enfants sachent qui vous êtiez. »
| |
| | |
| |
|
|
|
|
| |